« PNDES, IL SERA DIFFICILE D’ATTEINDRE LES OBJECTIFS FIXÉS » Pr THIOMBIANO TALADIDIA

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« PNDES, IL SERA DIFFICILE D’ATTEINDRE LES OBJECTIFS FIXÉS »

C’EST L’UN DES ÉCONOMISTES BURKINABÈ LES PLUS BRILLANTS DANS SON DOMAINE. PROFESSEUR THIOMBIANO TALADIDIA, NOUS LIVRE ICI SA LECTURE DU PNDES, DE LA QUESTION DU FRANC CFA, DE LA SÉCURITÉ QUI AFFECTE L’ÉCONOMIE.

LE GRAND FASO : Professeur Thiombiano, comment décrivez-vous la situation économique actuelle du Burkina Faso ? Pr Thiombiano Taladidia Lorsqu’on apprécie la situation économique d’un pays, il est important de situer le contexte dans lequel évolue le pays au plan national et international. Au plan national, le pays rencontre un problème sécuritaire et cela a des impacts sur l’évolution socio-économique. Mais nous allons essayer de relever quelques éléments, du point de vue macroéconomique. A ce niveau, je crois que depuis un certain temps, le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), se situe autour de 6% et au niveau du Programme national de développement économique et social (PNDES), il était prévu des taux de croissance de 7 à 8%. L’autre problème, lorsqu’on regarde du point de vue du développement humain (Indice de développement humain), qui est un classement fait par le PNUD, le pays reste dans la même fourchette, c’est-àdire, 185 sur 188. Cela dure depuis une quinzaine d’années. Au niveau démographique, le Burkina Faso a un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique, sinon du monde, avec un taux de 3,8. Cela a un impact. Au niveau du budget on remarque que 50% des recettes budgétaires sont consacrés à la masse salariale. Autrement, la part qui va à l’investissement productif reste très faible, ce qui bloque la croissance économique du pays. Vous aviez parlé du PNDES. Votre avis? S’agissant du PNDES, il y a deux aspects et ceux-ci sont mutuellement interdépendants. La manière dont le PNDES a été élaboré, c’est-à-dire sans une grande participation de la population, même des intellectuels, c’est quelque chose qui a été parachuté par les institutions de Breton Woods en particulier la Banque mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI). Donc c’est essentiellement basé sur le financement extérieur. Dans ce cas, il est évident que le taux de réalisation sera très faible. Aujourd’hui je ne pense pas que le taux de mobilisation extérieure, c’està- dire le financement, dépasse 4 à 5%. Dans ces conditions comment voulez-vous atteindre vos objectifs ? Je ne pense pas que le PNDES puisse atteindre les objectifs qui étaient fixés. Ce sera difficile. Vous avez évoqué la question sécuritaire tantôt. Est-ce que vous pouvez développer davantage cette problématique? D’abord l’un des défauts du PNDES, c’est le fait pour le MPP, à sa prise de pouvoir de n’avoir pas perçu dès le départ les problèmes sécuritaires ça au premier plan dans le PNDES. En ce qui concerne le problème sécuritaire, il y a les investisseurs qui ne peuvent plus prendre le risque d’investir dans les différents secteurs. Donc cela produit un ralentissement de l’activité économique. Tout le secteur touristique, l’hôtellerie, l’artisanat, sont affectés. Quelles sont les conditions à réunir alors

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